La rapidité ou sensibilité à l'action de la lumière du film

La première caractéristique d’un film est sa sensibilité à la lumière, qui est déterminée lors de sa fabrication.
Chaque film nécessite d’être exposé à une certaine quantité de lumière pour obtenir un noircissement minimal qui soit exploitable.

courbe de sensibilité
Kodak Plux-X 125
Kodak Tri-X 400 sensibilité
Kodak Tri-X 400

Sur les pieds de courbe de la Kodak Plux-X 125 et de la Tri-X 400 iso, nous constatons que sur la première partie de son parcours, la courbe reste horizontale, ce signifie que les sels d’argent ne réagissent qu’à partir d’un certain d’exposition à la lumière.
Les deux films ne nécessitent pas le même seuil d’exposition pour réagir. Le noircissement de la Tri-X débute à un Log(E) inférieur à celui de la Plus-X. Ce point, où débute la sensibilité à la lumière du film permet aux fabricant de donner à chaque film sa valeur de sensibilité nominale. Celle-ci est donnée en ISO (Organisation Internationale de Standardisation), qui reprend les anciennes normes ASA et DIN. La Tri-X a une sensibilité nominale de 400/27° ISO, soit 400 Asa et 27 Din, la Plus-X 125/22 ISO. On dit couramment 125 ISO, 400 ISO plutôt que 125/22, 400/27.
La sensibilité ISO double arithmetiquement (un film de 400 ISO est deux fois plus sensible qu’un film de 200 ISO et nécessite donc de deux fois moins de lumière).
A lumière égale, un film de 400 ISO nécessitera une femeture de diaphragme supplémentaire qu’un film de 200 ISO et deux fermetures de plus qu’un film de 100 ISO (ou une réduction équivalente en vitesse).

calcul de la sensibilité nominale

Sensibilité

La courbe de densité ne commence pas à 0. Cela est dû à la densité du support, variable selon les films, ainsi que celle du voile de base. Cette densité de base est celle des zones du film développé, qui n’ont pas été exposées à la lumière.

Pour déterminer la sensibilité d’un film, il faut d’abord rechercher la valeur de lumination minimale qui entraine un noircissment perceptible. Cette valeur correspond à un noircissement tout juste mesurable de l’émulsion. On la mesure pour une densité supérieure de 0,10 à celle support additionnée du voile de base. Cette densité de 0,10 supérieure au support+voile correspond aux premiers détails visibles dans les ombres profondes.
Toutefois, pour mesurer la sensibilité nominale d’un film, il faut respecter certaine conditions. Si nous Observons les courbes de la Tri-X développée dans le D76, nous constatons que l’augmentation du temps de développement augmente le contraste, aussi légèrement la densité du voile de base, donnant ainsi l’illusion d’une augmentation de la sensibilité du film aux dépends du rendu des valeurs. Mais la modification du temps de développement ne fait en aucun cas varier le niveau de lumination/sec minimum nécessaire à provoquer un noircissement visible sur le film!
C’est pourquoi certains précautions sont prises pour effectuer cette mesure.

sensibilité du film

On détermine la densité minimale de noircissment en augmentant de 0.10 point la densité du voile de base+support. On obtient la valeur Hm de lumination/sec qui permet d’obtenir cette densité. Nous mesurons ensuite le contraste en mesurant sur la courbe, un point Hn correspondant aux hautes lumières (un écart de 1,30 log(H)). En reportant ce point sur la courbe sur l’echelle des densité, il doit y avoir un écart entre ce point et le seuil de noircissement de 0,80 D.
Cette condition remplie, on peut mesurer la sensibilité ISO. ISO=0,80/Hm

sensibilité

Prenons comme exemple la courbe de la Tri-X développée au D76. la seule courbe qui corresponde aux conditions ci-dessus, est celle du film développé pendant 8′. Coincidence? c’est la durée recommandée par Kodak pour la Tri-X.
Le point Hm correspond à un log lumination de -2,7, soit 10-2.7, soit 0.002 lux/sec.
La sensibilité est donc de 0.80/0.002= 400 ISO !

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