La Kodak Tri-X (400TX)

KODAK TRI-X 400TX
Par MMP

La KODAK Tri-X 400TX est sans ans doute l’émulsion du 20ème siècle, et espérons celle du 21ème également. Le mythe, les légendes, une liste de photographes l’utilisant fort longue, bien souvent prestigieuse. Et combien d’utilisateurs passionnés à leur suite pour qui la Kodak Tri-X  constitue l’essence même de la photographie en noir et blanc.

Présentation de la KODAK Tri-X 400TX:

Lancée en novembre 1954 par Kodak, quelques mois après la première version du film HP5 par Ilford, la Kodak Tri-X de 2007 n’est plus celle des origines. Ou plutôt les Tri-X puisqu’il en existe 2 versions commercialisées à ce jour :

* la Kodak Tri-X 400 de 400 ISO, code 400TX, disponible en format 35mm et 120,
* la Kodak Tri-X 320 de 320 ISO, code 320TXP, disponible en format 120 et plan-films.

La première Tri-X affichait une sensibilité ISO de 200 et une résolution de 72 cycles par millimètre (au contraste de 1000/1) pour la version ISO 400. Au début des années 60, la sensibilité est révisée à ISO 400 et n’évoluera plus depuis. La résolution du film a été portée à 100 cycles par millimètre à la fin des années 70, toujours pour cette même version. Le fameux grain de la Tri-X n’est également plus celui des origines, la version actuelle présentant une granularité RMS plus fine (RMS=17 contre 24 en 1966).

Le succès de la  KodakTri-X  400TX n’est pour autant pas dû au hasard. Elle offre une très grande souplesse de traitement qui lui permet d’aborder les situations les plus variées. A chaque fois, ses qualités de base seront présentes ; un grain au dessin parfait qui met particulièrement en valeur les transitions entre les zones de densités différentes, une gamme de gris étendue et un contraste régulier depuis les basses aux hautes lumières. Selon le révélateur et la sensibilité pratique mise en oeuvre, le grain sera plus ou moins marqué, mais toujours avec ce dessin qui est sa signature.

Traitement

Son aptitude au traitement poussé l’a fait souvent préférer aux films de haute sensibilité modernes dont la granulation peut paraître plus présente. Mais en pratique, la différence visuelle entre une 400TX et une TMZ (Tmax3200), utilisées pour ISO 1600, n’est pas aussi évidente. L’appréciation relèvera plus du domaine esthétique que strictement technique.

La Kodak TRI-X 400TX, pour les utilisations courantes ou la recherche d’une sensibilité rapide ne prime pas, gagne à être utilisée à ISO 200. Le rendu des détails dans les ombres sera amélioré et, développée dans un révélateur tel le Kodak D76, le grain extrêmement modéré. Prendre soin alors de travailler en dilution 1+1 pour éviter que les hautes lumières ne soient bouchées, ce qui peut être le cas lorsque l’on expose son film pour ISO 200 et que la mesure de l’exposition n’a pas éte des plus parfaite.

Le Xtol procure des résultats comparables à ceux obtenus avec le D76, avec un contraste un peu moins affirmé.

D’utilisation moins courante, la 400TX peut être développée avec un révélateur tel le Kodak Microdol-X pour l’obtention d’une granulation la plus fine possible. La sensibilité pratique sera réduite d’une valeur d’Indice de Lumination et la netteté de contours moins affirmée qu’avec le D76. Toutefois, en situation de lumière d’été fortement contrastée, cette association n’est pas à négliger.
Développement

1 – Les durées publiées par Kodak ont été révisées, souvent à la baisse (principalement pour le HC-110), lors de la sortie de la dernière version de la Tri-X. Vérification faite, je conseillerais de conserver les anciennes durées publiées pour la version précédente, dont le détail figure dans la brochure technique Kodak de 1999, ci-jointe et en français.

Une réserve toutefois : les durées qui étaient préconisées pour le HC-110 donnaient des négatifs trop contrastés alors que les temps publiés actuellement sont trop courts. Je conseille à ceux qui sont tentés par le HC-110 de partir des durées de la brochure jointe et d’appliquer une réduction d’environ 15% dans un premier temps.

2 – Les durées que je propose ci après sont celles que je pratique en 35mm. Elles peuvent nécessiter un ajustement en fonction du matériel et des besoins de chaque utilisateur. Elles sont établies pour un traitement en petite cuve manuelle, à une température de traitement de 20°C, agitation 5 retournements toutes les 30 secondes :

D76 – 1 + 1, ISO 200 : 8 minutes.
HC-110 (dilution B), ISO 1600 : 12 minutes 30 secondes.
Rodinal – 1 + 25, ISO 200 : 8 minutes 30 secondes.

Pour un usage classique au jour le jour, c’est la version D76 ; toute la Tri-X dans son éternelle splendeur… Pour des images plus graphiques, Rodinal. Et enfin, lorsque je souhaite un rendu nerveux et bien contrasté, c’est le HC-110.

Documentation technique

Cet article a 2 commentaires

  1. Bonjour… et merci pour toutes ces précieuses informations.

    Une question concernant les couples révélateur/temps de développement pour la Tri-X 400… Quelle fréquence d’agitation préconisez vous comme base de départ ?

  2. Bonjour! l’agitation est un des paramètres importants du développement du film et on a fort tendance à le négliger! Aussi important que la dilution, la température et le temps de traitement. Il a pour but de renouveler sur la surface sensible les molécules de révélateur qui commencent à être “fatiguées”, par des molécules neuves. Cela a pour effet d’intensifier le développement. Ca pourrait être super, mais comme le film n’a pas la même densité partout, ce sont évidemment les hautes lumières, là où il y a beaucoup de grains d’argent noircis, qui vont le plus rapidement et fortement noircies aux dépends des basses lumières. Donc une augmentation pas nécessairement souhaitable du contraste. Inversement, une agitation moins fréquente peut diminuer le contraste voire augmenter l’acutance, “l’effet de bord”, si on n’agite que très peu. D’un point de vue pratique, il faut pour commencer choisir des paramètres de “bases” ceux préconisés par le fabricants. On choisit un révélateur, une dilution, le temps du fabricant pour une température donnée et un rythme d’agitation moyen et ensuite s’y tenir. Pour renouveler le révélateur pas besoin de transformer la cuve en shaker. Personnellement, je retourne la cuve aussitôt après avoir rempli la cuve de révélateur pendant 15 secondes, puis toutes les minutes durant 10 secondes. Durant ces dix secondes je retourne la cuve environ 4 à5 fois tout au plus. Il faut adopter un même rythme pour tous les films pour pouvoir comparer chaque traitement et adopter aprés plusieurs essais un temps de développement plus personnel!. celui-ci trouvé pour un couple film-révélateur, on peut ensuite tester d’autres rythme d’agitation. Mais toujours, on travaille un paramètre à la fois, les autres restant fixes! Je suis en train justement de travailler sur le sujet du développement et d’ici quelques temps ce sera publié sur le site! bonnes photos! Cordialement, Pierre-François

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